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25 septembre 2009

Le point sur Fabrice

Fabrice Lucchini... dans le Point sur Robert, c'est une immense générosité dans laquelle s'infiltre la littérature, le rire, l'esprit et qui s'adresse à l'âme.

Tout est dans cette phrase, pourtant j'aurais envie de vous parler longuement de ce spectacle. De vous raconter mes éclats de rire, mes réflexions, mes découvertes... mais je dois reconnaître une certaine impuissance: les mots me manquent. Trop.

Du tendre, du cabotinage... mais on a surtout parler d'amour, de folie, de vie.

Artiste et public au même rythme, ce dernier plongeant sans retenue dans les délires de Lucchini.

- " bou-laaan-ge-rie et ar-se-naux " Dites-le! vous verrez, c'est magnifique!

Et le public de reprendre en choeur... une fois, deux fois, trois fois...

- Ça y'est! On est dans une secte " boulangerie et arsenal "

Le temps s'est écoulé à la même vitesse que dans les compteurs d'eau de Montréal....
Il était absent.
Un moment de grâce.

J'aurais tellement aimé avoir les mots pour vous dire ma joie et ma reconnaissance d'avoir été là...

* * *

Le DVD du spectacle est en vente en salle et sera disponible le 6 octobre prochain chez les grands distributeurs.

3 août 2009

Lavilliers, de la Simone et Pierre Lapointe

Les franco sont commencées! Les shows! La Catherine!
Les aller-retour Montréal-Trois-Rivières aussi!
Youppi!

La fin de semaine dernière, j'ai vu 2 spectacles.. Voici mes impressions entrecoupées de niaiseries... ou des niaiseries entrecoupées d'impressions!

À vous de voir!

Bernard Lavilliers

Le gars écrit des paroles engagées intéressantes et porteurs de sens, mais j'ai rarement vu un artiste déservir autant un texte: petites steppettes de gnome sur la coke, pants de cuir et attitude un peu zarbi... Est-ce que je vous ai parlé des petites steppettes de gnome?

Faut dire aussi que le gars fait surtout dans le reggae... C'était mon premier show dans le genre, et si la tendance se maintient, un des derniers. Faut essayer pour le savoir hein!

Je dois reconnaître que les musiciens, en plus d'être agréables à regarder, étaient vraiment EX-CEL-LENTS! Je tiens à souligner la générosité de monsieur Lavilliers qui a enchaîné environ 40 minutes de rappels... soit l'équivalent de sa première partie de show!

OK, il était peut-etre en manque d'amour....
Mais n'empêche que les fans présents semblaient tous r-a-v-i-s!

Mentions spéciales:

Au monsieur de la rangée devant moi. Juste de la manière dont il se faisait aller le popotin et bougeait ses bras, je me sentais en croisière dans le sud : il avait tout le temps l'air sur le point de se joindre à un " ptit train " de matantes soulées au Dai Quiri.

À Dorothée Berryman et à son costume de faucheuse : longue robe noire plutôt ample, chapeau assorti et teint blafard.... Assise à mes cotés, il faisait un petit peu plus froid....

Pour une variation sur le thème de Bernard Lavilliers, c'est ici.

Albin de la Simone et Pierre Lapointe

Albin de la Simone... Albin de la Simone... Albin de la Simone, tels sont les mots que je prononce avant de m'endormir ou quand le blues s'empare de mon p'tit coeur de piou! Ce dandy teinté de gaminerie gamins m'a littéralement charmée : des textes sympa, livrés simplement, avec humour, sur des mélodies plaisantes et incluant parfois un piano mou( ! ) . Albin, c'est le type qui l'air de rien, assis sur son tit banc avec sa p'tite guitare. Mais quand il enfile les mélodies, il s'insinue dans nos oreilles et notre coeur. Albin de la Simone est un charmeur de serpents! (euh.. mettons charmeurs de p'tits chatons.. Oui, celle-là est pour toi Drew... mais c'est que les p'tits chats c'est plus cuuuuuuuuuute que les serpents.. même les bébés serpents c'est pas cute.. bref!)

Two thumbs up pour Albin de la Simone qui assurait la première partie de Pierre Lapointe!

Pierre Lapointe, Pierre Lapointe, Pierre Lapointe, tels sont les mots que je chuchote en me frappant doucement la tête sur le mur. Que s'est-il passé? Pourquoi est-ce que j'ai mis tant de temps à embarquer dans le show? Exceptée sa veste de clochard et la moustache de Guido-je-suis-proprio-de-pizzéria tous les éléments étaient réunis : un artiste que j'adooooore, des chansons extraordinaires, des musiciens que j'ai quasiment adoptés (avec mes serpents, chatons et l'adoption : je tiens une thématique SPCA!), une foule en feu, des amies folichonnes, un sosie de Florence Foresti et un (piètre) imitateur de la susmentionnée humoriste française!

Eh bien, si Barcelone a amorcé mon entrée dans le trip Pierre Lapointe, c'est Comme si c'était hier ( un p'tit bijou de sensibilité) qui m'a ramené chez les vivants! Environ la moitié du show était passée...

C'est qu'il y a des trucs qui me plaisaient avant et qui, au fil des tournées et des shows m'apparaissent usés : la pseudo-condescendance de Lapointe. Comprenez-moi bien : je saisis le deuxième degré... mais je pense qu'il serait temps de passer à autre chose. Ensuite, c'est peut-etre une pure construction mentale, mais les musiciens n'avaient tellement pas l'air complices hier!

Dans l'auto, en rentrant en trifluvie, je faisais un bilan rapide et plus qu'incomplet de la carrière de Pierre depuis 2003 : 3 CD, autant de tournées, plus les shows exclusifs aux francos (pierre lapointe voit rouge, voit bleu, orchestre symphonique..) , Mutantès, la France ...Tout ça, c'est immense! Et puis, je me suis dit : peut-être qu'une pause s'impose?

Mentions spéciales:

Aux choristes d'Albin, deux moelleuses américaines!

Aux spectateurs du show de Pierre : leur ferve s'est finalement avérée contagieuse.

À Dorothée Berryman... pour son absence. Y faisait un tit peu plus chaud.

23 avril 2009

Aznavour sur un air de voyage

Hier soir, j'avais rendez-vous avec un monument. C'est toujours imposant les monuments. Toujours important, presque inquiétant parce que ça peut être décevant.

Adolescente, puis jeune femme, j'ai écouté en boucle ta voix, tes textes, les musiques. Je les ai chanté en même temps que le CD. Je faisais des mimiques par-dessus, des gestes. Ce n'est qu'hier soir que je me suis rendue compte à quel point ils étaient inscrits en moi. En fait, j'en ai pris conscience précisément au moment où, pendant les deux guitares, mes mains dansantes ont fait valser mes jumelles sur les genoux de mon voisin de gauche. Les excuses étaient de mauvais goût. J'ai opté pour une tite face de " Oups, désolée", j'ai récupéré l'instrument qui me permettait de bien voir les tiennes de mimiques.

J'ai apprécié d'autant plus qu'on a bien failli ne pas te voir... Dix minutes avant le spectacle, une Marie-Piou dont je tairai le nom, plongea la main dans son sac pour découvrir qu'un des deux billets étaient restés sur la table de la cuisine, en trifluvie! Armés de la carte de crédit utilisée lors de l'achat nous évitâmes le drame. (oui, j'utilise le passé simple parce que ça ajoute à l'accent dramatique).

Alternant répertoire neuf, chansons oubliées et classique, en mode bohème, tu m'as emmenée au bout de la terre, me causant de tes vingt ans hier encore et de la richesse de la jeunesse que je tiens entre mes mains. J'ai cru, j'ai su, je me suis souvenue, qu'il était aussi possible de mourir d'aimer.

Mes souvenirs ondulaient sur ta voix : certaines lectures adolescentes, mon apparte crasseux à Paris, l'après-spectacle de Diane Dufresne au Châtelet, le travail sur le génocide arménien, les délires avec Mélanie dans la cuisine de son ancien apparte, mes amis, mes amours, mes emmerdes...

Enveloppée d'éclairages, portée par 10 musiciens, accompagnée de 2 choristes, j'ai fait un inoubliable voyage au coeur de l'essentiel, au coeur du temps qui passe et de celui à venir.Je ne conserve aucune carte postale. Seulement une enfilade de souvenirs et un billet sur lequel est inscrit " Duplicata".



17 avril 2009

Compulsion!

Moment de compulsion.
Sans regret
Quissé qui va suivre la parade à nouveau??

Mooooooouuuuua!!!!!

C'est dans des moments de compulsion comme ça
qu'on ne devrait pas me confier une carte de crédit.
hi hi hi

29 mars 2009

Effusions à Trois-Rivières : une « fausse représentation » criante de vérité.

Le programme annonçait la même interprète, les mêmes chansons dans le même ordre que la semaine précédente, exactement le même titre : il n’y avait pas d’erreur, j’étais au bon endroit. Et pourtant, ce n’était pas le même show! Fausse représentation! (Hihi)

Plus assurée qu’à Québec l’interprète a été accueillie chaleureusement par le public trifluvien qui, pour le connaître assez bien, est généralement froid (pour ne pas dire frette!). La première partie, placée sous le signe de l’amour et de la folie, était sublime. Quand Diane chante « Rien n’est impossible, je veux bien y croire pour des années », l’espoir nous monte au cœur de rencontrer l’ange de sa chanson : celui avec qui on vivra un amour grand, réel, dépouillé d’artifices. On la suit également au tréfonds de la peine d’amour qu’elle hurle à la lune (Je hurle). Cette extraordinaire chanson (signé Nathalie Déry) illustre l’aptitude de Dufresne, auteure et interprète, à choisir les mots qui lui conviennent et qui percutent directement au cœur. Idem pour la partie sur l’environnement qui revêtait la semaine dernière revêtait des habits de déjà-vu. Est-ce dû aux changements que j’ai cru percevoir dans les éclairages et dans les projections (plus de couleur cette fois-ci), mais cette impression n’a pas été renouvelée.

Tout au long de la soirée, Dufresne a fait valser ses cordes vocales – de vibratos, en fêlures, en notes infinies en transitant par quelques cassures senties– pour nous transmettre frissons, émotions, larmes, tendresse et conscience. S’ajoutait une théâtralité et un lyrisme qui ne pouvait que toucher leurs cibles : nos âmes.

À une semaine d’intervalle, j’ai assisté à deux spectacles « différents » de Diane Dufresne. Comment expliquer cette « maturation » si rapide? Est-ce que l’équipe a travaillé toute la semaine? Est-ce que l’interprète était plus sereine? Est-ce que j’étais plus réceptive? Autant de questions sans réponse qui nous rappelle toutefois –car nous pouvons avoir tendance à l’oublier – que le spectacle est une relation amoureuse vivante, mais surtout humaine : vécue, ressentie et agie par des êtres imparfaits. Cette relation s’opère entre une artiste et non pas son public, mais entre une artiste et chacun des spectateurs présents. Par ailleurs, soyons honnêtes il est plus aisé de décortiquer le p’tit truc qui n’a pas été que de décrire l’extase et le bonheur. Aussi, bien que traquant l’adjectif approprié, je confesse une panne de vocabulaire trahissant la pauvreté de mon ce dernier et traduisant la rareté de moments si précieux et entiers.

Laissez-moi toutefois ajouter ceci : hier soir, j’ai entendu, vu, pleuré, et ri Diane Dufresne dans cette vérité que je lui connais le mieux : la mienne. Et à voir la ferveur des autres spectateurs je sais qu’elle les a touché aussi dans la leur.

C’est l’essentiel.

Merci.

21 mars 2009

Les effusions scéniques de Diane Dufresne - Québec

Salle Albert-Rousseau, Québec. Il est 19h et, pour rendre service à une amie, nous sommes déjà arrivés pour le spectacle de 20 hres. Progressivement, les gens se présentent. Je reconnais des visages. Je revois des "amis" de show. Des personnes qu'au fil des spectacles, on voit, on jase, mais qu'autrepart, on n'entretient pas vraiment de contacts. C'est toujours plaisant. Deux d'entre eux nous parlent du spectacle de la veille : la première de la tournée. Enchaînement boiteux entre les chansons, la chanteuse en criss qui s'excuse constamment et qui conclue le spectacle en disant que "si le producteur est fin, il va tous vous inviter gratuitement". OUF. Quel début de tournée!

Mon ami et moi on se demandait bien à quelle prestation nous assisterions. "Ils ont pratiqué tout l'après-midi" nous a-t-on appris. Rassurés (nous n'en avions pas vraiment besoin au fond..) nous nous sommes engouffrés dans la semi-obscurité de la salle. Une musique commence. La dame derrière moi n'allume pas et continue de parler de la séparation de sa meilleure amie. La musique dure un bon 5 minutes et elle n'est pas plus rapide à comprendre que l'idée c'est de se mettre de l'ambiance, so shut up!

Dans une robe signée Marie St-Pierre qui lui donne des allures de grande prêtresse antique - genre de Vestale contemporaine - Dufresne nous chante d'abord l'amour : dans sa plénitude (Que, J'taime plus que j'taime) puis dans sa souffrance (Le dernier aveu, La vie l'amour la mort et Je hurle). Cette dernière pièce est une nouvelle perle que l'artiste brode sur son répertoire. Un texte sur la peine d'amour signé Nathalie Déry : des oreilles au coeur, sans faire d'escale. Regard fontaine. Tendres pleurs. Flots de douceur.

La chanteuse effleure la folie avec Noire Soeur (qui parle de sa peur du noir) pour s'y engouffrer l'espace de Psy quoi encore. Assise sur une chaise (symbole scénique de la folie depuis les années 1980), l'interprétation est intense et sentie. L'artiste se lève et se dirige péniblement en coulisse. La chaise glisse derrière elle, puisqu'elle est installée sur un tissu. Mise en scène ingénieuse qui rappelle celle du Forum en 1982, alors que la chanteuse traînait la chaise reliée à sa cheville par un fil quasi invisible. J'ai apprécié ce clin d'oeil, qu'il ait été volontaire ou non de la part de Dufresne.

Enfin, c'est sur une gamme environnementale que le spectacle évolue. Ici, petites déceptions de ma part. Les mises en scène ressemblent grandement à ce qu'on a pu voir aux Franco l'été dernier sans la créativité, l'ingéniosité... petite sobriété qui m'a laissée dans le doute. Précisons toutefois, que le spectacle a été conçu en bien peu de temps (moins d'un mois) et qu'il est sans doute appelé à évoluer, à se perfectionner et à évoluer. D'ailleurs une chanson présente dans le programme n'a pas été interprétée... Prête, pas prête? Mystère qui augure assurément des modifications à venir.

Malgré un virus (ça s'entendait au début du spectacle dans les segments parlés) les chansons ont été livrées avec coffre, justesse et maints vibratos. Une interprétation impeccable, souvent généreuse, à mon humble avis. J'aimerais également souligner la sobriété de la scénographie, pourtant très efficace crée par Richard Langevin. Deux écrans géants derrière la chanteuse où sont présentées des photos prises par le public. Un léger voilage blanc - dans lequel se "réflètent" les éclairages apportent une aura de pudeur, de douceur, en plus d'intégrer parfaitement le costume de la chanteuse, par un rappel des couleurs, voire des textures. (non, je n'ai pas été tapponé le tout pour vérifier! haha)

Enfin, une petite anecdote personnelle. À la suite des franco, j'ai fait part à l'artiste de ma déception de ne pas avoir vu mes images lors du show (bris technique). Oui, je suis intense de même. Eh bien, j'ai reçu un mail de l'artiste récemment me disant que mes photos seraient du prochain show. Gênée, je l'admets, j'ai remercié en précisant que si elles ne correspondaient pas au concept, ce n'était pas grave...(Note à moi-même : ne plus envoyer de email sous le coup de l'émotion.) Voyant que les photos sélectionnées étaient en format paysage (et les miennes verticales) j'ai fait : ben tant pis.. jusqu'à ce que mes fleurs poppent! On dira ce qu'on voudra, mais Diane Dufresne est une femme de parole! Une amie photographe a fait une photo de ma photo dans le show. J'ai donc une preuve en forme de souvenir! haha La voici:

Courtoisie Caroline Laberge

Diane Dufresne fait participer les gens depuis longtemps, mais jamais je n'aurais cru y voir un truc "all by myself!". D'ailleurs, la chanteuse, foncièrement persuadée qu'un artiste existe en chacun offre un espace d'expression créative sur le programme de son spectacle : un encadré blanc où chacun peut dessiner, gribouiller, faire ses bonshommes , laisser sortir une bulle de créativité. À la fin du spectacle, on peut déposer son dessin dans une boîte et avoir la chance de gagner une des toiles de peintre Dufresne. C'est moi qui va gagner, mais vous pouvez dessiner pareil . hihi

Parmi les produits dérivés, il y a aussi un truc vraiment chouette : des sacs écolos à l'effigie de Diane Dufresne. L'image retravaillée, signée Caroline Laberge, est splendide : je n'aurai pas honte de me ballader avec mon sac.

Je recevrai à nouveau les effusions de Diane Dufresne samedi prochain. Je vous reviendrai sûrement sur le spectacle.

20 mars 2009

WOOOO oOOOOOOooOOOOoOOOO!!!!




Je recevrai, ce soir, ses effusions en pleine poire.
Je tendrai assurément l'autre joue!
YEAH!

14 février 2009

Mutantès à Québec : un coït interrompu

Ouais, ouais, j'avais annoncé ma retraite... Je vous avouerai que depuis, plein d'idées de billets tourbillonnent dans ma tête. Je reviens donc... (sporadiquement) avec une critique du spectacle de Pierre Lapointe que j'ai vu hier.

AVIS : Certains inconditionnels pourraient avoir envie de me lyncher... ben... vous le ferez! hihi

* * *

13 février. Grand théâtre de Québec

20h et des poussières.

Je suis disponible, ouverte, de cœur, d’esprit : j’ai « l’action-émotion »aussi bien centré que mes chakras : Mutantès peut commencer. Je suis prête.

Le noir. Les lasers mauves. La voix de Pierre. Tout semble en place. Pourtant, après 5 chansons, je ne suis toujours pas en transe. Que se passe-t-il?


Je compare.

Je compare avec ce que j’ai vu à Montréal lors des Francofolies l’été dernier. Je compare et je suis déçue :

Tout d’abord, la sonorisation est plus ou moins bonne. Si la voix de Pierre Lapointe et des chanteurs-danseurs est bien sonorisée, il en est autrement pour les musiciens : ça réverbère. Ayant été rénovée il y a un an ou 2, la salle n’est pas en cause : j’y ai déjà entendu Lapointe à cet endroit et tout était numéro 1.

Ensuite, les éclairages : j’ai l’impression qu’il y en a moins que lors des Franco, où j’étais éblouie. La mémoire me joue peut-être des tours sur cet aspect. Les différents tableaux étaient marqués par des noirs, alors que dans la version initiale tout coulait de sources, sans interruption visuelle : nos sens et notre intelligence étaient constamment sollicités.

Les dimensions de la scène – plus étroite – gênait également l’efficacité de certaines chorégraphies. Dommage.

Mais surtout Pierre. Pierre qui semblait absent, manquait de tonus dans certaines chorégraphies. Un des amis qui étaient avec moi hier soir et présent lors des francos a eu la même impression. Certaines interprétations manquaient carrément de vigueur, de punch : « J’ai frappé contre le mur ma tête J’espère qu’il éclatera». Cette chanson qui met en valeur l'attitude rock que peut avoir Pierre Lapointe et que je souhaite ardemment revoir lors des prochains spectacles, m'a laissée sinon de glace, à tout le moins de slush. (oui, je me fais poète!) Lors des Francos, le refrain me percutait, là, chanté aussi légèrement, il me laissait indifférente.

En fait, j’étais déçue et un brin en colère : pourquoi Pierre ne se donne-t-il pas? Pourquoi ne lutte-t-il pas pour conquérir un public qui lui est généralement vendu d’avance?

J’ai eu un regain d’espoir à la fin du « Bar des Suicidés » où on sentait la volonté que le public embarque dans l’évolution de son mutant, dans l’univers.

À la toute fin, j’ai eu la réponse à mes questions : Pierre émergeait d’une grippe. Ça expliquait bien des choses, mais pas les défaillances techniques.

Si on considère le prix des billets et la valeur de l'oeuvre, j’aurais préféré que le spectacle soit reporté, tout simplement. Néanmoins, il serait malhonnête de ne pas préciser ceci : une amie voyait le spectacle pour la première fois et elle a adoré. À la sortie, j’ai entendu beaucoup de commentaires positifs. Repensant à l'intensité du spectacle, à sa densité, à sa fluidité de jadis,je n’avais qu’une seule envie : leur dire qu’ils ont eu une version à rabais de Mutantès! Je me suis tue. De plus, j’ai l’impression que le simple fait que le spectacle soit de Pierre Lapointe prive certains de tout sens critique. Mais, c’est un autre débat.

Mutantès est un spectacle multidisciplinaire d’une richesse infinie, une audace teintée de génie….dans sa version initiale! Les textes - profonds, denses, intenses- ont heureusement été préservés de ce que je n'irais pas à qualifier de "carnage", me contentant de l'amputation.

Le spectacle d’hier soir était un rappel tout simple : les shows sont montés par des humains faillibles et la magie d’un soir ne saurait être renouvelée.

J’ai risqué. J’ai perdu.

6 janvier 2009

Ah oui on en a eu des shows!

Pendant les fêtes, j'ai assisté à quelques spectacles, mais ai été trop paresseuse pour vous faire mes " traditionnels" compte-rendus...Eh bien, nous y sommes maintenant!


ZAP 2008

Si le Bye Bye fait encore des remous, Zap 2008 a soulevé l'unanimité parmi les spectateurs réunis au Métropolis. Les Zapartistes ont écorché la gauche, la droite, rendu hommage en chanson à Hélène Pednault... Des sketches mémorables : Bernard Derome écoeuré de faire des élections et un jeune " yo" qui explique par analogie les origines de la crise économique actuelle, Harper en bonhomme playmobil... Christian Vanasse et François Parenteau sont égaux à eux-mêmes. (Je confesse un quasi amour pour ces 2 artistes :bonne présence scénique, de l'énergie, du talent, de la justesse et de la polyvalence!!!) Une soirée sous le signe de la sagacité, de l'intelligence, de la pertinence et de la lu-ci-di-té! C'est tellement rare que ça fait encore plus de bien!!!

Un incontournable : qu'on soit politisé ou non.

J'aime sortir d'un show divertie, avec cette douce impression d'avoir un plus, d'avoir appris!

Le spectacle est présenté à travers la province. Pour les dates, cliquez ici.


Mes aïeux : La ligne orange

Une autre valeur sûre! Spectacle parfait pour s'épivarder entre filles, sans dignité! Ce que nous fîmes gaiement... L'absence de dignité chez-moi se traduit par le fait de danser sans gêne et passer des commentaires niaiseux sur la cutitude du gars à barnick, du roux et de Steph Archamabault! Une adulescente : je vous le jure! Fais du bien de décrocher!

Étonnamment, j'ai trouvé la première partie meilleure que la seconde : faut dire que ça relève davantage du choix des chansons que de la prestation elle-même. Même s'ils sont des classiques du répertoire de Mes aieux, la chanson sur Alexis le Trotteur, la corrida de la Corriveau et je ne sais plus quelle autre n'ont jamais trouvé place dans mon coeur. De plus, la chanson sur le Stade Olympique (dernier CD) a significativement ralenti le spectacle : brisé le rythme. Au point où je me suis demandée quand on allait passer à l'appel suivant... surtout que pour cette chanson, les membres du groupe porte des tuniques louches qui évoquent autant la fin de toute que le voyage en navette spatiale...

Une pièce comme La grande déclaration aurait atteint le même objectif (ralentir le rythme) en ne brisant pas la magie. Mais c'est mon avis bien personnel.

Le violoncelliste Claude Lamothe et le duo Tricot Machine étaient les invités du groupe. Je remercie la vie d'avoir vu et entendu Claude Lamothe ce soir-là : cet homme transpire la passion! Quand il joue, il part dans sa tête...et je l'ai suivi. Magique!

Quant à Tricot Machine, ils m'ont fait vivre un moment de louchitude profonde doublé d'un frisson parcourant l'échine... et d'enfance en moins de 10 minutes. Je m'explique. Sans être une fan finie (ou tout court) du duo, j'aime bien leur style léger et naïf. J'étais donc contente de leur présence... jusqu'à ce que Catherine entonne une chanson impliquant jésus ou la religion (mon cerveau a rapidement effacé les détails) pendant que ces bas ravalaient (oui nous étions vraiment proches de la scène). Ils ont ensuite enchaîné avec L'ours. Un must de cutitude, même si on l'a tellement entendu déjà. Un ourson blanc est venu se dandiner gaiment sur scène... juste avant qu'un de mes rêves de gamine soit réalisé.. *roulement de tambour *.

Dans la chanson, le chasseur Shoot le p'tit ours. Le gars, déguisé en chasseur, se pointe avec un fusil, il tire. PAF! Mon amie Mélou (on la salue!) a failli faire une crise cardiaque, avant que nous soyons au coeur d'une pluie de confettis argentés! J'en avais partout. Chouette! Comme vous le voyez, j'ai des rêves plutôt simples (hihi). Alors pour moi, et probablement pour des centaines d'autres Québécois, Tricot Machine oscille entre la louchitude et la magie de l'enfance...

Les grandes absentes du spectacle : La grande déclaration (oui je récidive!), La grande tornade, Juste et bon.. Comme vous voyez, mes doléances sont minces!

André Sauvé!

Quel homme! Un humour tant physique que "psychologique". De la finesse dans l'exagération! Sa démonstration des conversations vides de sens est su-bli-me! Juste d'ouvrir son spectacle avec un numéro qui se résume par : "tu peux être qui tu veux, comme tu veux, comme tu le sens parce que la vie est mouvement" donne le ton. Le spectacle s'articule autour de quelques thèmes peu exploités en humour : la quête identitaire, la recherche de sens et d'équilibre.

Le spectacle est extrêmement bien écrit et ficelé. La composition scénique efficace. Et l'artiste extraordinaire : ce gars-là se donne!

Je pourrais écrire des tas de lignes encore.. pour dire quoi au fond? Dire autrement ce qui a déjà été écrit ici.

Je concluerai donc ma plaidoierie ainsi : ALLEZ LE VOIR!!!! ÇA VAUT LE COUP!!!



Avouez qu'on a envie de l'adopter!!!
Sauvé André, un meilleur investissement que de sauver
n'importe quelle star académicienne!

9 décembre 2008

Agace appel!

J'attends deux téléphones concernant l'achat de billets de spectacle. J'ai hâte de savoir comment le tout se fixe. Au moins deux autres personnes aussi.

Évidemment, les 2 Goglu dont j'attends la manifestation se font silence...

... mais toutes les amies de ma mère se liguent pour l'appeler ce pm!

Gang d'agaces-appels!
et que les vieilles picouilles me tuent dans le moment!

23 novembre 2008

M pour Métropolis

Coeur de pirate, Jon Lajoie, Karkwa, We Are Wolves et Pierre Lapointe était à l'affiche de M pour Montréal, spectacle-fleuve de trois jours, qui se terminait hier soir sur la scène du Métropolis.

La candide Coeur de Pirate évolue dans un univers parallèle à celui du Pierre Lapointe du premier disque, l'éponyme. Elle a chanté les chansons que vous trouverez sur son Myspace. J'estime que la salle, somme toute peu réceptive - vagues de murmures entrecoupés de rires qui distorsionnait l'audition, me dérangeait - n'a pas donné une véritable chance à la jeune femme de donner sa pleine mesure.

Ont suivi les pitreries " mother fucker, I don't give a shit, I come too fast " et l'humour de haut niveau de Jon Lajoie - phénomène internet... J'ose dire qu'on était plus raffiné et subtile en secondaire 4. Je reconnais quelques sourires, mais vraiment c'était trop long... surtout qu'il a assuré les liaisons entre d'autres parties du show.

Karkwa est ma découverte de la soirée. J'avais écouté les CD, mais c'était la première fois que je les voyais en spectacle. W-O-W! Du rock enveloppant, un son qui voyage! Le seul bémol, j'ai trouvé que les instruments étaient en suraudition par rapport à la voix du chanteur.

Je passe plus rapidement encore sur la prestation de We Are Wolves : je n'ai aimé que deux chansons. Les éclairages étaient davantage aveuglant qu'hallucinants et structurés.

Vers 23h40, Pierre Lapointe s'est présenté sur la scène : AMEN! Il a chanté quelques chansons de Mutantès, créé aux Francofolies l'été dernier : Je reviendrai, Barcelone, Bar des suicidés sont les seuls titres que je connaisse, mais je pourrais vous en fredonner d'autres.. ce que je ne ferai pas, par respect pour vos z'oreilles. Avec de nouveaux arrangements (?) et sans la mise en scène de Mutantès, Pierre Lapointe habite un univers définitivement plus rock que ce qu'il a présenté auparavant et dans lequel je me suis garroché avec un plaisir manifeste. C'est le seul moment de la soirée où j'ai eu l'ombre d'un soupçon d'un regret de ne pas être au parterre. L'endomètre rebelle et deux par deux rassemblés nous ont également été offert par le chanteur. Au grand plaisir et soulagement de Miss Martini, nous avons été épargné de Tous les visages, dont elle fait une overdose magistrale!

Toujours en mouvement, en changement, en évolution : j'm'étais ennuyée de Peter! J'espère qu'il ne stagnera pas, ne s'enlisera pas dans un confort artistique.

Je retourne voir Mutantès à Québec le 13 février. J'ai déjà hâte. Très hâte. Trop hâte!

22 novembre 2008



Charles, on se voit en avril!!!

Yeah!!!

30 octobre 2008

Daniel Bélanger - En solo.

Un jeans, un coton ouaté, un veston.
Deux guitares, dix doigts, une voix.
Aucune souris verte.
Tout allait bien.

Bien que j'adore Bélanger - que mon amie qualifie de demi-dieu... je seconde son propos- j'en étais ce soir à mon deuxième spectacle de lui et pour la première fois en solol. Confiante, parce qu'il n'y a pas de risque.. S'il n'est pas en voix, il reste un excellent musicien et les textes demeurent puissants.

Premier constat : l'assistance est majoritairement composée de personnes de 40 ans et plus. Du haut de mes 26 ans, je fais partie de la vingtaine de jeunes identifiés sur 150 à 200 personnes. (Je n'ai aucun talent d'estimation des foules.. ou de quoique ce soit en fait.)

Deuxième constat : l'artiste est en forme. La voix est là, les mélodies aussi.. la " foule " , un peu moins. La retenue est manifeste lorsque Bélanger incite à la participation vocale. Il faut dire que c'est toujours un peu comme ça à Trois-Rivières, ville dont la population est reconnue pour être généralement " frette ".

Troisième constat : Les anecdotes c'est chouette! Le spectacle est un peu " formule cabaret ". Ya pas de bouésson, puis on est tous en rang, mais Daniel (ouais on est évidemment ami) intervient fréquemment entre les chansons. Les propos sont drôles et pertinents. C'est ainsi qu'il nous a raconté sa première rencontre avec Claude Dubois alors que notre cher troubadour était commis dans une station service et nous a raconté la source d'inspiration de quelques chansons (Rêver mieux, Dis tout sans rien dire, Les temps fous, entre autres).

Sans sa gang de tournée, sa quasi-machine, on a l'impression de frôler autrement l'essence des textes, ce à quoi participent les nouveaux arrangements et les improvisations musicales. Faut dire qu'il est une machine en soi : jamais je n'aurais cru qu'un homme et une guitare puisse transporter autant de parcelles d'univers.

L'absente de la soirée? La chanson Projection dans le bleu qui est ma touuuuune (à prononcer en fifille) bélangesque de l'année 2008!

Conclusion : je retournerai voir et entendre Bélanger... dès que possible!

* * *

Je me suis dépêchée d'inscrire mes impressions ce soir pour pouvoir comparer avec ce que Daniel écrira sur son blog concernant le show de ce soir!

* * *

Mon karma se confirme de jour en jour : j'attire les confidences de weirdo et autres pas d'amis...
Pendant l'entracte, j'ai eu le malheur d'avoir une vessie résistante... et paf! je me suis ramassée avec une madame, 2 bancs plus loin, qui me contait sa vie de maniaco-dépressive...

Ok, je veux bien recevoir les confidences des bizarres que je connais... mais les biz inconnus, si-vous-plaît, trouvez-vous d'autres namis...

Chacun ces fucked up ... et je sais pas quoi sera bien gardé!
mais une chose est sûre, il le sera!
BAON.

1 août 2008

Mutantès

Des lèvres tendrement gercées.
Un baiser sur la joue.
Un autre sur le front.
Un éclat bleu.
Une douce morsure. Une fracture.
Des mouvements jaunes, violets et blancs.
Des larmes acidulées, citronnées.
Des mots charnels, qui transitent par l'intellectuel;
Comme une réminiscence de sensations jamais vécues,
Déjà ressenties.

L'amour, la mort, la vie.
La violence du changement
Un enchantement.

Le dernier spectacle de Pierre Lapointe


31 juillet 2008

La magie se paie en douces douleurs

Hier soir, Antoine Gratton et Cali étaient en spectacle au Club Soda. La vie - ici représentée par Miss Martini, Clépétar et Annie - a fait que j'ai hérité d'un billet pour accompagnée cette dernière. C'est dans un état de fébrilité avancée que nous avons occupé un carré de plancher à 4-5 mètres de la scène.

Antoine était manifestement heureux d'être présent à Montréal après avoir passé deux mois à l'extérieur. Face à un public tiède, il y est allé de ses " classiques " : En noir et blanc, À l'aide!, les filles universitaires, je veux m'en aller. Pour terminer avec dans les yeux de Françoise et tous les jours. Antoine était plutôt cabotin, je ne l'avais jamais vu avec un tel laisser aller. Il a également fait preuve d'auto-dérision en affirmant : " On est dans le manège de la première partie. C'est comme un roller coaster, tout le temps que tu montes tu te demandes si ça achève!" Pour une première partie, je trouve qu'il s'en est très bien sorti, compte tenu des problèmes techniques qui ont jalonné sa prestation! " Un peu moins de guitare" , " moins de voix, stp" : ça coupe une montée dramatique dans une toune, ça!

L'entracte a duré 25 minutes, le temps de régler la technique pour : la trompette, le trombone, la batterie, la guitare électrique de Cali. Le temps de réaliser qu'Antoine faisait un peu " p'tit gars pitché sur scène " avec sa guitare et son clavier. Le temps que le bar fasse un peu de profits, aussi.

Annie, présente pour célébrer Antoine, s'impatientait. Moi aussi. J'aimais Cali. Elle ne le connaissait pas. Si c'était plate, elle a menacé (littéralement) de se pousser en disant : "fuck-e you" au chanteur....! Une rebelle!

Cali a commencé avec la chanson " 1000 cœurs debout"... Au bout de la troisième mesure tout le monde sautait, dansait, criait, Cali tournoyait sur scène. Trois petites mesures et Annie et moi avions oublié le concept de " dignité" ! Le coeur léger, on sautait comme des possédées! L'ambiance était là... et elle ne s'est pas absentée du spectacle: une prestation rock de deux heures qui m'a permis d'apprendre beaucoup sur moi...

- Ah non! Esti! Pas ici! Vade Retro.. Annie! Tab***** il va pas venir faire du body surfing icitte!

Oui. J'ai peur des chanteurs qui font du body surfing. J'ai aussi appris que je peux ne pas avoir aucun respect pour le troisième âge qui s'égare à un show :

L'espoir est dans la rue
La victoire au bout de la fleur
Dans ton ventre pousse un arc-en-ciel
Avec la gueule ouverte, droit devant , droit devant

- WOOOOOO oooooo!!!!!!!!!!! (Je me retenais de woo ooo depuis 30 min parce que le monsieur m'avait averti du regard...)

Mais bon cimonac, quand l'espoir passe, la moindre des choses c'est de la saluer, non?

Je manque de mots pour dire à quel point c'était exaltant. Toutefois, pour les personnes qui me connaissent, je dis ceci : J'ai dansé, chanté et crié 2 hres de temps. Et quand je dis danser, je ne limite pas ça à sauter une fois de temps en temps.. nonon, du non-stop avec de la fantaisie dans le mouvement : LE GROS KIT!

L'interprétation de Elle m'a dit a duré un bon 10 minutes et a été un moment particulièrement intense. Ici, il me faut absolument souligné l'excellence des musiciens! Vraiment Chapeau! En plus, on voyait qu'ils avaient tous du plaisir à y être.

À un moment, Cali invite au calme et commence à lire un texte : c'est le mail de Sophie Calle! C'est le mail de l'expo Prenez soin de vous. Il entonne ensuite la chanson, qui constitue la 108è participation au projet de l'artiste. Je trippais trop : j'avais vu l'expo la semaine d'avant! Trop l'fun les liens!

Cali a annoncé la dernière chanson " Les beaux jours approchent" qui en cours de route s'est muté en chanson de U2: With or Without You. L'au revoir du chanteur a duré 40 minutes. La foule présente ne faiblissait pas! Les lumières allumés n'ont pas refroidi notre ardeur! En cours d'au revoir, le chanteur est descendu dans la salle, s'est frayé un chemin parmi la masse - assez compacte- jusqu'à l'arrière du club soda, où des fans l'ont levé de terre, alors que d'autres le hissaient au balcon, où il a interprété une chanson.

Se donner corps et âmes : ça résume très bien l'état du chanteur et de son public.

En sortant du Club Soda, on était enveloppé d'une belle bulle de bonheur. On a tél Miss Martini, en espérant la rejoindre avec Clépétar sur le site. Pendant qu'Annie se dandinait gaiment sur de la musique hip hop en pleine rue Ste-Catherine ... créant ainsi une image mentale indélébile de mon côté, j'ai appris que les deux luronnes étaient rentrées.

Accompagnée de ma Diam's de Montréal (haha je n'ai pas pu résister Annie), nous sommes allées faire un tour de Grande Roue, question de maximiser notre plaisir. Je trippais comme une gamine! Le tour est vraiment long, je dirais interminable! Le manège s'est immobilisé alors que notre nacelle était tout en haut. Des feux d'artifices éclatent au loin. TROP DE TIMING.

On en revenait pas de toute la magie de la soirée. Tellement qu'Annie s'est exclamée : " c'est la nuit du bonheur gratuit!". J'enchaînai d'un candide : " On est les reines de la grande roue! " hihihi.

Ivres de bonheur. Cette expression résume bien l'état d'esprit dans lequel nous étions. Les bulles de champagne éclataient dans notre cerveau, alors que les confettis multicolores se répandaient dans notre esprit. Conclusion? Nous avions l'air droguées.

En descendant au stationnement du complexe Desjardins, nous récapitulions notre soirée tout en parlant du spectacle de Pierre Lapointe...

Annie : Tsé, comment y peut accoter ça!
Marie-Piou : Ouin, ya même pas de feux d'artifices!
Annie : Son billet coûte le double de Cali en plus.. va falloir qu'il soit bon.
Marie-Piou : Justement! Yé là!

En effet, Pierre Lapointe sortait de la cage d'escalier à moins de 10 mètres de nous. Je me répète : TROP DE TIMING!

Éclats de rires infinis. Je remercie encore nos sphincters d'avoir tenu le coup!

Magie!

* * *

La magie se paie. Les contes pour enfants nous l'enseignent. J'ai toujours mes deux sandales de verre, mais mon corps se remémore ses efforts et mes excès : épaules, paumes des mains et cordes vocales agonisantes...

Le plaisir des petites douleurs qui rappellent le bonheur...

(... et la nécessité de me mettre en forme aussi.. mais SHUT....)

10 juillet 2008

Amitiés, Groucho!

Un ami m'a invité à assister à assister au spectacle Correspondance de Groucho Marx. Deux acteurs se donnent la réplique sur scène : l'incroyable Jean-Pierre Marielle qui incarne Marx et le polyvalent Pierre Vernier qui prend l'identité de ses divers correspondants.

Ne connaissant pas du tout le moustachu personnage, ni les acteurs, je me suis présentée au spectacle totalement " vierge" d'attentes. J'ai adoré. Bien que présenté dans le cadre du Festival Juste pour rire, ce spectacle n'en n'est pas un d'humour: on sourit davantage qu'on ne rit. C'est sûrement une des grandes déceptions de certains spectateurs que j'épiais de mon oreille alerte : "C'était pas drôle". Deux rangées devant moi, six personnes ont quitté en plein coeur du spectacle : mon coeur saignait, je trouve que c'est un vrai manque de savoir-vivre.

Les liens entre les lettres sont effectuées par un mini orchestre de jazz et on voit que les acteurs écoutent la musique puisqu'ils battent la mesure. Parlant des acteurs, leur jeu est irréprochable et on sent une belle complicité entre les deux hommes, presque de la tendresse.

Des supplémentaires sont prévues pour cette semaine et la semaine prochaine.
Pour plus d'infos : www.hahaha.com

8 juillet 2008

Francofolies sous le soleil!

Demain nous saurons la programmation extérieure des Francofolies de Montréal!

Quels artistes aimeriez-vous voir? Allez, on se lâche lousse. Pas de censure!

Tout est permis... vous voulez entendre qui?

Pour ma part :
Ariane Moffat, Catherine Major, Thomas Fersen, Josianne Hébert, Mes Aieux , Daniel Bélanger (j'ai dit sans censure), Grand corps malade , Diane Dufresne (elle y sera!), Manuel Gasse, Renan Luce...

Ça c'est dans l'instant.. mais je sais que j'en oublie sûrement!

Vivement demain!

27 juin 2008

Cendrillon de la PdA


Spectacle de Dee Dee Bridgewater ce soir à la PdA.
(vraiment bon)

de moi à moi dans ma tête : "coudonc, il fait ben froid ici... je retire mes sandales et colle mes pieds ensemble..."

2-3 minutes plus tard, j'enfile une sandale.. et cherche l'autre... et cherche l'autre ardemment, mais vraiment très très fort... je décrète que je la récupérerai à la fin du show : c'est tout.

Évidemment, c'est là, que tout le monde se lève.. et que je fais pareil, en prenant bien soin de me tenir sur la pointe de mon pied gauche, question de compenser, en hauteur, la sandale manquante... J'ai béni le ciel de ne pas porter des souliers avec méga-talons!

Les lumières se sont allumées, et c'est avec un minimum de dignité que j'ai récupéré la sandale fugueuse ... sous le banc d'en avant, et sous le regard ébaubi de l'ami m'accompagnant

28 mars 2008

Amalgamme : Diane Dufresne et Les Violons du Roy


C’est au Palais Montcalm, à Québec, que les Violons du Roy - sous la direction de Jean-Marie Zeitouni (mes hommages monsieur!)- accueillait l’interprète Diane Dufresne. Le spectacle « Amal
gamme » était présenté dans le cadre des activités de financement de cet orchestre qui souligne cette année son 24e anniversaire.

Le spectacle s’ouvrait sur des dizaines de visages de femmes prélevés à même des peintures du 16e siècle à maintenant (de ce que j’ai pu identifier). Les visages étaient liés par des fondus et l’enchaînement était d’une fluidité impressionnante. La table était mise pour la femme de la soirée : la reine Diane Dufresne qui a généreusement livré neuf de ses chansons. Après une pièce musicale (j’ai perdu mon programme, alors je ne saurais vous dire laquelle), la reine s’est présentée sur scène dans une splendide robe violacée pour entonner « Partager les anges », une pièce de son dernier disque, créée lors du spectacle « Plurielle ». Elle a enchaîné avec « Que », une des plus belles chansons d’amour que je connaisse. C’était la première fois que je l’entendais sur scène et ouf!

Dufresne a également mis au monde –sur scène- Je t’aime plus que j’t’aime et le Dernier aveu. Les interprétations étaient bouleversantes, particulièrement celle du Dernier aveu, une chanson sur le trépas d’une personne telle que raconté par son amoureuse. Je confesse un motton au gorgotton à ce moment du spectacle.

Suite à une pièce musicale, Diane est revenue – dans un costume différent : pantalon ¾ rouge satiné et redingotte très longue mauve – pour livrer une interprétation aux forts accents théâtraux de Noire Sœur, sur la peur du noir, voire de la mort… qui est l’ultime noirceur : la plus profonde et la plus longue. Pour cette chanson, elle a joué de sa voix, en la modulant beaucoup. C’était a-do-ra-ble. Je retrouvais ma Diane que j’aime.

D’autant plus que le troisième bloc étaient composés des chansons qui rejoignent les préoccupations politiques environnementales de l’artiste : Locataire, Mille et une nuit et l’Été n’aura qu’un jour. Diane portait le même haut que pour les pièces précédentes, mais avec une jupe juxtaposée au bas, et sans redingote. Des poches étaient cousues sur la jupe. En chantant, Diane sortait des foulards de ses poches : il y en avait au total 5 ou 6, dont un rouge vif… du sang. Diane l’a porté à son visage pour essuyer des « larmes ».

Je souligne ici, le talent du designer Mario d’Avignon : ses robes – et celles d’hier ne faisaient pas exception – sont des perles d’ingénuité et d’ingéniosité. Autre élément de mise en scène : presque tout le long du récital, des images étaient projetées sur un immense écran situé à la droite de la scène. On retrouvait certaines projections présentées dans « Plurielle ».

C’est sur une note d’espoir, avec Hymne à la beauté du monde, que s’est achevé le concert. Un grand moment d’émotion quand Diane a demandé au public de faire des « la la la » en chœur sur l’air de cette chanson fabuleuse. La foule, d’abord tiède, a emboîté le pas de bon cœur. Et remotton dans le gorgotton. J’aurais aimé qu’on chante plus longtemps. L’harmonie collective est si rare dans notre époque de « je-me-moi » où tous sont à la recherche d’un bonheur, d’un absolu, de leur inatteignable étoile… parce qu’ils refusent d’admettre que la clé n’est pas dans Le secret, mais dans l’effort, individuel, certes, mais également collectif.

Toutefois, quand environ 600 personnes entonnent Hymne à la beauté du monde, comment ne pas espérer, comment ne pas croire au meilleur? Pour sa sensibilité, son sens du beau et de l'absolu, Diane Dufresne est nécessaire à mon hygiène de vie. Je nous souhaite d'autres artistes de cette trempe, car à tout moment, je crains que la reine ne tire sa révérence pour se tourner définitivement et exclusivement vers ses pinceaux...

* * *

D'ailleurs, les toiles de l'artiste sont exposées en ce moment au Petit Champlain de Québec et elle participera aux festivités du 400e anniversaire de la capitale.

27 mars 2008

Poussière en oeuvre humanitaire!

Ça y'est. Je viens de creuser un peu plus dans le pathétique... si je continue ainsi, à ce rythme, je vais creuser un métro dans ma p'tite ville.. et ça aura coûter 1000 fois moins cher que le tronçon liant celui de Mtl à Laval. La cause de ce pathétisme? Ma fémineté découverte... oui oui, j'en suis encore à écrire féminEté...quand j'aurai plus d'allure dans le maquillage et autre petits pots de crèmes, je dirai féminité.. d'ici là, je suis à mi-chemin entre la bûcheronne et la fashionista!

Comme mes lecteurs les plus assidus le savent : tonight is the night! Je vais au spectacle de Diane Dufresne. C'est un spectacle-bénéfice et j'évoluerai donc parmi les cravates, les frousfrous et les médames. Jusque là, ça ne me stresse pas parce que je refuse de me madamiser trop.

Là, où ça devient pathétique c'est quand on réalise que ça fait exactement 45 minutes que j'hésite entre deux blouses... mauve, turquoise, turquoise, mauve... etc.. C'est sans fin.

Encore là : pas de quoi à creuser un métro!

Mais quand - à boutte de nerf - j'appelle l'ami avec qui je vais au show et que je lui dis :

- " Là, j'tannée en sacrifice d'être une fille, j'tais ben moé à l'époque t-shirt et tant mieux si ça fite! (rires de sa part) Fack là, j'me disais que je pourrais amener les 2 objets de mon dilemme chez-toi et tu m'diras ce que je devrais mettre ok?"

Rires à nouveau...

Moi tentant de sauver les meubles :

- "Eille! Arrête de te moquer, c'est pour toi que je fais ça au fond!!!"

- ?!?

- Ben, c'est toi qui va m'voir le plus longtemps et qui va être pogné aik moi. C'est pour pas te faire mal aux yeux pis te faire honte..

Oui, je suis comme ça moi, humanitaire!