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24 avril 2010

Chez le coiffeur... pour un mariage

Hum... j'sais pas trop c'que j'veux. Funky un peu, mais tsé pas trop. Un genre de mélange de Renaissance et actuel... mais là j'te parle pas des Boticelli toutes nues là! Ou peut-être plutôt 18e siècle.. tsé comme dansle temps de Voltaire là. Ouais, j'aime bien ça, mais pas trop marquise dans le style

* regard perplexe *

ok, scuse-moi j't'historienne

1 août 2008

Mutantès

Des lèvres tendrement gercées.
Un baiser sur la joue.
Un autre sur le front.
Un éclat bleu.
Une douce morsure. Une fracture.
Des mouvements jaunes, violets et blancs.
Des larmes acidulées, citronnées.
Des mots charnels, qui transitent par l'intellectuel;
Comme une réminiscence de sensations jamais vécues,
Déjà ressenties.

L'amour, la mort, la vie.
La violence du changement
Un enchantement.

Le dernier spectacle de Pierre Lapointe


25 juillet 2008

Les historiens peuvent être un peu heavy aussi...

C'est important, quand on a l'impression que notre vie est une merde, de relativiser....

" ok, Marie-Piou, ça pourrait être pire....
Tu pourrais être une juive à Auschwitz!"

On appelle ça de l'humour noir, peut-être noir foncé, mais c'est de l'humour.

22 mai 2008

Saga historique - Sensation d'Arthur Rimbaud

Hier, j'ai publié un poème de Rimbaud sur ce blog. Un "anonyme" a laissé un commentaire stipulant que le poème était un faux... sans toutefois laisser sa source.

Eh bien, je refusai de laisser briser ma féérie ainsi!

Je suis allée à la bibli et j'ai emprunté une biographie réalisée à partir d'articles rédigés entre 1896 et 1901 par deux historiens, et j'ai nommé messieurs Jean Bourguignon et Charles Houin.

Que vois-je à la page 60? Un article d'époque mentionne le poème Sensation! Alors, il me semble difficile qu'un faussaire contemporain ait confectionné un poème factice... comme semble le prétendre le délicieux " anonyme".

En conclusion, je citerai ce sage qu'est François Pérusse "y m'auront pas ces morrons-là"

- Marie-Piou, gardienne de notre féérie à tous!

* Voici la référence du livre : Jean Bourguignon et Charles Houin, Vie d'Arthur Rimbaud, Paris : Payot, c1991, 229p. (édition établie, préfacée et annotée par Michel Drouin)


8 mai 2008

Petite leçon d'histoire pour notre bon gouvernement fédéral

Cette semaine, Michaëlle Jean, la gouverneure générale du Canada était à La Rochelle, en France, pour marquer le début des célébrations du 400è de Québec. Pauline Marois et Mario Dumont réagissent dans les médias : le gouvernement fédéral capitalise sur la fondation de notre province pour promouvoir l’unité canadienne. Le détournement, en vertu de mes convictions politiques, est odieux... et pathétique!

Ce midi, au téléjournal de Radio-Canada, Mme Marois déplorait qu’on ne pouvait changer le passé : la fondation de Québec coïncide avec les débuts de la Nouvelle-France. Souvenons-nous qu’avant la Conquête anglaise, ce territoire recouvrait pratiquement toute la partie est de l’Amérique du Nord, dont près de la moitié de l’actuelle Ontario. Voyez :

source : http://www.pc.gc.ca/apprendre-learn/proj/d-q/outils-tools2b_f.asp

Le propos de Madame Marois est juste, mais incomplet. L’arrivée des Français en Amérique marque la fondation du Québec, de la nation québécoise, mais également, l’exploration continentale – canadienne et américaine-, donc indirectement les débuts de leur nation aussi.

Chronologiquement et si on ne s’arrête qu’à l’aspect territorial: les deux « parties » ont raison. Néanmoins, historiquement parlant, l’appropriation des célébrations (donc de leurs potentiels commémoratifs, historique, social et politique) par le gouvernement fédéral est fallacieux.

Avant l’arrivée des Anglais, une nation (peuple partageant une langue et une culture commune sur un même territoire) vivait en Nouvelle-France… mais peut-on parler d’un nationalisme? D’après moi, c’est dans l’opposition que le nationalisme devient véritablement vivant et présent : conscient. Se « frotter » à l’autre est une manière de prendre conscience de soi. (que je n'en voit pas un penser croche ici!) Pas besoin d’une guerre, pas besoin d’être en opposition… seulement d’être en fréquentation. S’il y avait un nationalisme canadien à l’époque (et je n’ose pas être formelle sur ce point) ce serait par rapport à la France et il prendrait ses racines dans les visions opposées d’une partie de l’élite canadienne et de la mère patrie concernant le développement de la Nouvelle-France.

Le nationalisme « canadien-français » a-t-il pu se développer au contact des autochtones? Possiblement. Probablement. Toutefois, ce nationalisme a eu pris ses racines politiques au contact des Anglais, détenteurs du bidou donc des leviers du pouvoir. Petite précision : le nationalisme canadien-français a longtemps été l’histoire des classes supérieures francophones. Monsieur et Madame Untel au fond de leur campagne, le peuple ou tiers-état n’est pas concerné, du moins pas avant l’industrialisation (toujours selon moi).

Bref, la nation québécoise telle que conçue aujourd’hui l’a été par rapport à l’autre, à l’Anglais…

Je me désole donc de l’absence de Jean Charest (quelle surprise au fond, hein?) aux coups d’envoi des festivités. Je me désole donc de cette récupération de la part du fédéral!

C'est juste... cheap!

8 février 2008

Moment magique de suppléance

Cette semaine, à l'école, deux vétérans de la Deuxième Guerre mondiale venaient témoigner de leur vécu de soldat aux élèves. L'historienne en moi jubilait. J'avais aussi hâte que les élèves. Les deux hommes de 83 et 84 ans sont vifs d'esprit et encore très en forme. Il est franchement étonnant de voir l'attitude des jeunes envers eux. Sitôt qu'ils ont fait leur entrée dans la classe, une jeune fille s'est levée pour leur offrir des chaises et seulement deux filles chuchotaient. Des regards ont suffit à les faire taire.

Les conférenciers abordent un paquet de questions : leur quotidien (manger, se laver...), la peur de mourir, leurs relations avec le pays par la correspondance, les tours de gardes, le soir de noël ainsi que les armes et les stratégies. Par exemple, si on veut savoir si une place est vraiment vide, on lance une grenade. Si ça ne bouge pas, c'est qu'il n'y a personne.C'est apaisant et sécurisant pour les soldats. Silence complet jusqu'à la période de questions.

Une étudiante lève la main et prononce avec un léger accent germanique : "est-ce que vous haïssez encore les allemands?" On la sentait très tendue. Le vétéran a admirablement bien répondu, expliquant que pour lui soldat c'est un travail et qu'il n'a pas pris plaisir à participer à la guerre, ajoutant qu'à son retour au pays, il trouvait difficile de parler de ce qu'il avait vécu, mais ne nourrissait pas de haine contre les allemands. Ok, il a dérapé un peu en disant qu'il les admirait parce que c'était des vrais hommes, bâtis et super bien entraînés, super efficaces pour la guerre, mais dans l'ensemble, c'était vraiment une bonne réponse. Plus la période avançait, plus elle s'enfonçait sur sa chaise. J'observais du coin de l'oeil, au cas.

La cloche sonne. Tout le monde quitte. Je lui demande discrètement si tout va bien. Elle reste coite, mais hoche de la tête. Un des vétérans s'approche d'elle pour lui dire qu'elle ne doit pas s'inquiéter, qu'ils ne la haïssent pas. Elle éclate en sanglots! Elle hoquète : je sais, je sais, mais même si je n'étais pas là, ça reste mon histoire... ça reste mon histoire.

Alors, le vétéran lui fait une grosse accolade. C'était très particulier comme moment : réunion internationale et intergénérationnelle.

Une fois calmée, l'élève a brièvement expliqué qu'en Allemagne, les gens ont la perception qu'il y a encore une sorte de haine envers leur peuple à cause de la deuxième guerre (on se rappelle qu'Hitler n'a pas été très fair-play avec les conventions internationales pour se préparer à déclarer une guerre, notamment en montant une armée plus grande et mieux armée que ne le permettait le traité de Versailles), mais aussi à cause des camps de concentration. Alors, elle était très stressée de venir en classe rencontrer deux vétérans canadiens, et elle a ajouté, quand vous disiez que vous lanciez des grenades.. ben c'était sur des Allemands.. ça me faisait de quoi.

C'est magique quand le passé et le présent se rejoignent; quand l'histoire s'incarne et que ça finit comme un film hollywoodien. (Ouais, c'est mon côté fleur bleue ça).

3 janvier 2008

Silencieuse individualité

* Ce billet est inspiré d'un article de Catherine-Aimée Roy *

Voici un poème de Martin Niemöller, pasteur et théologien allemand, déporté dans les camps de concentration:

"Lorsque les nazis sont venus chercher les communistes
Je me suis tu, je n'étais pas communiste.
Lorsqu'ils sont venus chercher les syndicalistes
Je me suis tu, je n'étais pas syndicaliste.
Lorsqu'ils sont venus chercher les sociaux-démocrates
Je me suis tu, je n'étais pas social-démocrate.
Lorsqu'ils sont venus chercher les juifs
Je me suis tu, je n'étais pas juif.
Puis ils sont venus me chercher
Et il ne restait plus personne pour protester"


À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, en prenant conscience des horreurs nazies, l'occident a déclaré : "Plus jamais". Pourtant, des génocides ont cours -en ce moment- sur notre planète. Les diplomates et les gouvernement occidentaux se taisent. Les citoyens se sentent impuissants: les drames africains ou moyen-orientaux sont si loins, abstraits de notre réalité. Les nouvelles nous crachent en continue des images au visage, des témoignages de journalistes...en réaction à tout ce bruit, nos oreilles se ferment : les nouvelles deviennent acouphène : bruit constant plus agaçant que révélateur. Nos yeux restent de glace : le spectacle est connu, reconnu... Nos bouches se musèlent au nom du " À quoi bon?" Nous devenons indifférents.

Je ne suis pas mieux que vous autres : je ressens la même impuissance. Je me sens perdue dans le magma politico-économique mondial. La terre tourne, je suis le mouvement, mais je ne l'influence pas.

Pire... j'avoue que la croisade ne m'attire pas.

Il y a des moments comme ça où on se dégoûte un peu....

22 décembre 2007

Roche, papier, ciseaux!


Piqué chez noisette sociale, avec la mention " gâte-toé" , ben ma chère : c'est fait!