31 mars 2008

Portrait de mon âme soeur


Oui, aujourd'hui mon âme soeur est une tortue qui pète sa coche!
Il y a des jours de même... !

30 mars 2008

Joli

Piqué chez Hortensia, qui, sans chichi m'a permis de le reproduire ici :

"Je viens je ne sais d’où,
Je suis je ne sais qui,
Je meurs je ne sais quand,
Je vais je ne sais où,
Je m’étonne d’être aussi joyeux."
Martinus von Biberach

28 mars 2008

Amalgamme : Diane Dufresne et Les Violons du Roy


C’est au Palais Montcalm, à Québec, que les Violons du Roy - sous la direction de Jean-Marie Zeitouni (mes hommages monsieur!)- accueillait l’interprète Diane Dufresne. Le spectacle « Amal
gamme » était présenté dans le cadre des activités de financement de cet orchestre qui souligne cette année son 24e anniversaire.

Le spectacle s’ouvrait sur des dizaines de visages de femmes prélevés à même des peintures du 16e siècle à maintenant (de ce que j’ai pu identifier). Les visages étaient liés par des fondus et l’enchaînement était d’une fluidité impressionnante. La table était mise pour la femme de la soirée : la reine Diane Dufresne qui a généreusement livré neuf de ses chansons. Après une pièce musicale (j’ai perdu mon programme, alors je ne saurais vous dire laquelle), la reine s’est présentée sur scène dans une splendide robe violacée pour entonner « Partager les anges », une pièce de son dernier disque, créée lors du spectacle « Plurielle ». Elle a enchaîné avec « Que », une des plus belles chansons d’amour que je connaisse. C’était la première fois que je l’entendais sur scène et ouf!

Dufresne a également mis au monde –sur scène- Je t’aime plus que j’t’aime et le Dernier aveu. Les interprétations étaient bouleversantes, particulièrement celle du Dernier aveu, une chanson sur le trépas d’une personne telle que raconté par son amoureuse. Je confesse un motton au gorgotton à ce moment du spectacle.

Suite à une pièce musicale, Diane est revenue – dans un costume différent : pantalon ¾ rouge satiné et redingotte très longue mauve – pour livrer une interprétation aux forts accents théâtraux de Noire Sœur, sur la peur du noir, voire de la mort… qui est l’ultime noirceur : la plus profonde et la plus longue. Pour cette chanson, elle a joué de sa voix, en la modulant beaucoup. C’était a-do-ra-ble. Je retrouvais ma Diane que j’aime.

D’autant plus que le troisième bloc étaient composés des chansons qui rejoignent les préoccupations politiques environnementales de l’artiste : Locataire, Mille et une nuit et l’Été n’aura qu’un jour. Diane portait le même haut que pour les pièces précédentes, mais avec une jupe juxtaposée au bas, et sans redingote. Des poches étaient cousues sur la jupe. En chantant, Diane sortait des foulards de ses poches : il y en avait au total 5 ou 6, dont un rouge vif… du sang. Diane l’a porté à son visage pour essuyer des « larmes ».

Je souligne ici, le talent du designer Mario d’Avignon : ses robes – et celles d’hier ne faisaient pas exception – sont des perles d’ingénuité et d’ingéniosité. Autre élément de mise en scène : presque tout le long du récital, des images étaient projetées sur un immense écran situé à la droite de la scène. On retrouvait certaines projections présentées dans « Plurielle ».

C’est sur une note d’espoir, avec Hymne à la beauté du monde, que s’est achevé le concert. Un grand moment d’émotion quand Diane a demandé au public de faire des « la la la » en chœur sur l’air de cette chanson fabuleuse. La foule, d’abord tiède, a emboîté le pas de bon cœur. Et remotton dans le gorgotton. J’aurais aimé qu’on chante plus longtemps. L’harmonie collective est si rare dans notre époque de « je-me-moi » où tous sont à la recherche d’un bonheur, d’un absolu, de leur inatteignable étoile… parce qu’ils refusent d’admettre que la clé n’est pas dans Le secret, mais dans l’effort, individuel, certes, mais également collectif.

Toutefois, quand environ 600 personnes entonnent Hymne à la beauté du monde, comment ne pas espérer, comment ne pas croire au meilleur? Pour sa sensibilité, son sens du beau et de l'absolu, Diane Dufresne est nécessaire à mon hygiène de vie. Je nous souhaite d'autres artistes de cette trempe, car à tout moment, je crains que la reine ne tire sa révérence pour se tourner définitivement et exclusivement vers ses pinceaux...

* * *

D'ailleurs, les toiles de l'artiste sont exposées en ce moment au Petit Champlain de Québec et elle participera aux festivités du 400e anniversaire de la capitale.

27 mars 2008

Poussière en oeuvre humanitaire!

Ça y'est. Je viens de creuser un peu plus dans le pathétique... si je continue ainsi, à ce rythme, je vais creuser un métro dans ma p'tite ville.. et ça aura coûter 1000 fois moins cher que le tronçon liant celui de Mtl à Laval. La cause de ce pathétisme? Ma fémineté découverte... oui oui, j'en suis encore à écrire féminEté...quand j'aurai plus d'allure dans le maquillage et autre petits pots de crèmes, je dirai féminité.. d'ici là, je suis à mi-chemin entre la bûcheronne et la fashionista!

Comme mes lecteurs les plus assidus le savent : tonight is the night! Je vais au spectacle de Diane Dufresne. C'est un spectacle-bénéfice et j'évoluerai donc parmi les cravates, les frousfrous et les médames. Jusque là, ça ne me stresse pas parce que je refuse de me madamiser trop.

Là, où ça devient pathétique c'est quand on réalise que ça fait exactement 45 minutes que j'hésite entre deux blouses... mauve, turquoise, turquoise, mauve... etc.. C'est sans fin.

Encore là : pas de quoi à creuser un métro!

Mais quand - à boutte de nerf - j'appelle l'ami avec qui je vais au show et que je lui dis :

- " Là, j'tannée en sacrifice d'être une fille, j'tais ben moé à l'époque t-shirt et tant mieux si ça fite! (rires de sa part) Fack là, j'me disais que je pourrais amener les 2 objets de mon dilemme chez-toi et tu m'diras ce que je devrais mettre ok?"

Rires à nouveau...

Moi tentant de sauver les meubles :

- "Eille! Arrête de te moquer, c'est pour toi que je fais ça au fond!!!"

- ?!?

- Ben, c'est toi qui va m'voir le plus longtemps et qui va être pogné aik moi. C'est pour pas te faire mal aux yeux pis te faire honte..

Oui, je suis comme ça moi, humanitaire!

26 mars 2008

Joie!!!!!!

6 mots :

Diane
Dufresne
à
Québec
jeudi
soir

Mon coeur explose de joie!
(tellement quétaine comme phrase...
mais tellement vrai...!)

Merci!

24 mars 2008

j'ai chialé. j'ai choké

Eh oui, hier j'ai chialé contre les personnes qui chokent... et qu'ais-je fait ce matin même?

...


Ben oui, j'ai choké le souper et le show de ce soir.

Après une deuxième nuit d'insomnie en peu de temps... j'évalue que je suis mieux de ne pas conduire.

Nul n'est parfait...

23 mars 2008

Déception

La semaine s'annonce vraiment fa-bu-leu-se....

Lundi : Spectacle de Josianne Hébert au VB avec Clépétar, Miss Martini et mon amie Mélou.

Mercredi : Montréal à nouveau pour magasiner avec Mélou et une p'tite visite guidée!

Jeudi : Spectacle de Diane Dufresne à Québec ... Entendre Diane interpréter sur scène 9 de ses nouvelles chansons, ainsi que des airs classiques...Ça c'est vraiment le climax de ma semaine!!! Merci à mon amie Caroline!


Mais voilà ti pas que ma semaine commence en coït interrompu : Mélou ne vient plus voir Josianne...

J'ai HORREUR de me faire " choker" (pardon pour le bon parler français!)... à un point où c'est pas imaginable!!! Ça me rend particulièrement antipathique.

Néanmoins, je vais y aller le poing levé parce que le piou sera au rendez-vous!

J'espère de tous mes doigts croisés que le reste de la semaine restera intact de mauvaises surprises!



Surtout pas de mauvaises surprises pour le show de Diane : ça fait deux semaines que je ne vis que d'espérance de ce moment!!! (avec un peu d'eau fraîche et de savon, je l'avoue!)

La vie c'est beau, mais ça fait sacrer des p'tits bouttes!

Joyeuses Pâques!

Je ne suis pas une fervente catholique,
Je crois en dieu, mais pas en l'Église
Je crois toutefois dans les congés fériés.

Je n'écouterai pas le film de la crucifixion puis de la résurrection parce que j'ai juste une jeunesse à vivre et que la vie est trop courte pour ça,


Mais,surtout, j'aime le chocolat!



Joyeuses Pâques!

22 mars 2008

Pourquoi étudier? Pourquoi suppléer?

Piqué chez Marie la wannabe MD...


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Quand on pense aux élèves, aux études, aux efforts, aux dettes... ça donne un peu envie de se mettre en position fœtale et de sucer son pouce en se murmurant des berceuses...

20 mars 2008

Louis-José Houde - Suivre la parade

Je reviens à peine du spectacle de Louis-José Houde. D'entrée de jeu, je me dois de vous préciser que je ne suis pas une grande consommatrice d'humour... Louis-José est l'exception à ma règle.

J'avais des attentes immenses envers ma soirée (retrouvailles avec une amie qui vit à l'extérieur), mais surtout envers le spectacle. J'ai été comblée.

En première partie, Phillipe Bond - un humoriste de la relève- présente son matériel. Divertissant, même si les "punch" peuvent facilement être anticipé. Je louerai son éventuel DVD, mais je ne pense pas que j'en voudrais 1 hre.

Ensuite, le menu principal (ça sonne un peu anthropophage, mais passons) : Louis-José. Suivre la parade c'est un feu roulant... Je ne compte plus les moments où j'ai manqué d'air, je me suis tapée les cuisses, j'ai contracté un paquets de muscles qui n'avaient pas été sollicités depuis un long moment. Louis-José Houde : un show, un régime, un exercice! C'est du 3 en 1.

La deuxième partie du spectacle - où Louis-José parle entre autre du divorce de ses parents et de l'avortement de son ex - a été abondamment traitée dans les médias. Plusieurs ont crié au génie. Parmi mes amies, les opinions étaient partagées : certaines avaient adoré, d'autre pas. Pour ma part, je me range avec ceux et celles qui ont apprécié.

Pourquoi? Parce que j'ai vraiment ri , mais j'ai aussi réfléchi. En pesant et pensant bien mes mots : ça m'a fait un effet similaire aux monologues d'Yvon Deschamps, sans la touche " créons un malaise" de ce dernier.

Oui, la vie change. Oui, je me sens souvent dépassée. Oui, il m'arrive d'être dans la parade, mais aussi il m'arrive de m'en écarter volontairement. Oui, mes modèles traditionnels s'effritent... et ceux que je tente d'instaurer pour les remplacer chancellent souvent.

Suivre la parade, c'est peut-être, tout simplement, être en mesure de créer sa vie en congruence avec ses aspirations et les aspérités qui jonchent notre parcours? En tirer le bon et le meilleur...

Bon, ça y'est je divague un peu...

Une chose est sûre : je veux revoir ce spectacle. J'ai envie de remplir un autobus et d'y aller maintenant... !

*LJH a confirmé que les spectacles avec le matériel inédit allait sortir vers le mois de mai: un DVD et un CD live. *

19 mars 2008

Ma mère est en rut.

Oui, le titre fesse... il est aussi intense que mon exaspération!

Le chum de ma mère arrive demain ... pour ne repartir que dimanche prochain : c'est le branle-bas de combat ce soir. D'un coup qu'il y aurait une poussière! D'un coup qu'il serait incommodé par l'angle de pliage de la serviette qui sert à s'essuyer les mains... Elle est vraiment achalante : je veux viiiiiiivre. Et son chum, il s'en sacre au fond!

Venant de la femme qui me dit de me pousser des hommes parce que ce sont tous des morrons... Ben... j'trouve ça ... étrange? gossant? oui. oui, mais surtout chiant!

Faites ce que je vous dis, faites pas ce que je fais!

Ce principe d'éducation parentale est valable, même quand on est adulte!

Argh!

15 mars 2008

Mes indispensables

Il y a près d'un mois, j'ai dit à Hortensia que j'allais faire l'exercice de dresser la liste de mes CD préférés. J'y ai mis le temps, mais j'y suis : j'ai réussis à constituer mon palmarès des 10 meilleurs CD de ma petite vie...Je profite des énergies prodiguées par la montagne de chocolat avalée ce soir pour les partager avec vous

Si j'ai identifié mes précieux, je n'ai pas réussis à les classer puisqu'ils prennent une place différente selon les jours et les événements.


Deux compilations pour représenter deux oeuvres incontournables : celles de Brel et d'Azanavour. De ce dernier, j'apprécie la tessiture de la voix et la beauté des textes. Du Belge, je retiens la fougue, l'intensité, le sens critique (les singes par exemple) , une révolte. Le grand Jacques trône dans mon p'tit coeur!



L'opéra-cirque est la deuxième face du disque " à part de d'ça j'me sens ben". C'est le disque où DD pose avec un t-shirt à fleur de peau : le drapeau du Québec peint sur elle. Vous êtes situés?! Même si aucun des grands classiques (Laissez passer les clowns, Le Parc belmont, J'ai 12 ans...) du répertoire dufresnien ne figurent sur ce disque, l'opéra-cirque demeure pour moi un classique du répertoire de Diane Dufresne : apocalyptique, à vif, visionnaire, l'interprétation de la chanteuse est extraordinaire (surtout dans la marche nuptiale des condamnés à mort). Les thèmes abordés sont encore d'actualité : la fuite du temps, l'oppression du monde moderne, la vie, la mort, le sexe. Ça vient chercher aux trippes : rien de mieux que l'opéra-cirque pour sortir le méchant! Une oeuvre magistrale. Pour l'anecdote : c'est en entendant ce disque que Michel Berger a eu envie de collaborer avec Luc Plamondon. Conclusion? Starmania! Vous connaissez? Ce disque n'est pas sorti en France, parce que Barclay (cie de disque) évaluait que ça équivalait au suicide de la carrière française de Diane Dufresne.


Eh oui, un autre CD de Diane! Diane Dufresne est une indispensable de mon univers musical. Effusions regroupent des compositions originales ainsi que des chansons entendues en spectacle. D'ailleurs, pour l'ensemble de mes choix, les spectacles ont influencés mes choix... sauf pour Opéra-cirque et le disque des Colocs. Mes souvenirs musicaux sont davantage associés aux souvenirs de scène qu'au disque. Le disque est une passerelle; un passe-temps entre le ici et maintenant et le prochain show.. revenons à Effusions. Les textes sont riches (avec un coup de coeur pour "J't'aime plus que j't'aime"et "Psy quoi encore"), l'interprétation est juste, dépouillée, sans flafla... C'est un disque d'équilibre. La collaboration avec Alain Lefèvre est particulièrement sensible. Pour plus de commentaires, je vous réfère à ma critique parue en octobre.


L'album éponyme de Pierre Lapointe pour la sensibilité, la nostalgie, la tristesse sans complaisance, l'intemporalité de la musique, la poésie, l'alliage du passé et du présent au plan des arrangements... La richesse des textes est inconstestable : Pointant le nord et Tel un seul homme en tête de liste. Accessibles, les textes demeurent complexes et plurisémiotiques. J'adoooooore! Pour reprendre l'expression d'Hortensia, je parierais que dans 10 ans, il figurera toujours dans mon palmarès personnel...


Un univers, du rythme, des arrangements très contemporains, très pop tout en conservant une poésie particulière...voici la forêt des mals-aimés! Il était impossible que je ne mette pas le deuxième disque de Pierre Lapointe dans mon palmarès. Le disque est excellent, le spectacle l'était encore plus! Vendue à Pierre Lapointe et à Diane Dufresne? Moi!!!! Jamais..... (hum hum)


En famille, de mes aïeux, c'est comme des pantoufles... en mieux : agréable, confortable... avec des pointes critiques et du rythme. Essentiellement, un de mes meilleurs souvenirs de spectacles... Mes coups de coeur : Le repos du guerrier, continuer pareil, toune en on et la grande déclaration (le gars qui me dit ça : je lui fais un enfant sur le champ!!!). C'est un album plein de vie et de santé! Un disque qui fait du bien!


Dehors novembre : c'est mon disque-déprime par excellence. Intense. Sombre avec des pointes lumineuses. Sensibilité extrême. Ya rien à dire sinon qu'à l'écouter.





Quatre saisons dans le désordre est selon moi le meilleur disque de Bélanger... probablement parce qu'il est le reflet de ma vie actuelle et qu'il bat entre mes oreilles incessamment. Je trouve une belle simplicité dans ce disque, des questionnements qui m'habitent aussi,de la sensibilité aérienne, ainsi que la poésie de l'auteur... son univers. Avec les 2 de Diane Dufresne et les 2 de Pierre Lapointe : il complète mon top 5!

En terminant, trois disques qui risquent de se glisser dans un palmarès à venir...

Il était une fois dans l'est : Antoine Gratton! (À voir en show...à regarder de tous ses yeux! Il est tellement beau à voir aller!)







Repenti, de Renan Luce : des textes originaux, une voix feutrée et unique en son genre, un p'tit monde bien fantaisiste et plein de charme.. En espérant que les francofolies auront la bonne idée de l'inviter!





Le disque en préparation de Josianne Hébert ... en espérant de tout coeur qu'il soit inspiré par le spectacle. Elle fait du bien au coeur et à l'âme elle aussi! (C'est quétaine à dire, mais c'est ça!) Entendez par vous-mêmes.

À paraître d'ici la fin de l'année!

14 mars 2008

Soupirs et soulagements!

C'est fait!

Mission accomplie : je n'ai que de moi à m'occuper.

Les 2 périodes que j'appréhendais particulièrement à cause de la remise des notes se sont très bien passées. D'ailleurs, se sont les deux des trois qui ont eu un déroulement normal depuis le début : j'ai apprécié.

J'ai annoncé aux élèves mon départ en me servant d'une dépêche de dernière minute : le professeur ne risque pas de revenir. La suppléance serait jusqu'à la fin de l'année.. et c'est impossible pour moi. L'orgueil est sauf.

Réactions? 1 de mes anciennes est venue me dire que c'était vraiment dommage ... et ce n'est pas une licheuse, alors j'ai accepté le compliment... et 1 élève a applaudi...Je me suis contenté de lui dire que ce n'était pas très élégant de sa part.. surtout qu'il était seul. Les autres ne se sont pas joints à lui.

Je l'ai annoncé dans la salle des profs ... on s'entend que je n'ai pas fait de " oyez oyez!" j'ai été regardé en IMPIE par certains! J'avais l'impression de déserter l'armée et de passer au tribunal militaire!

Mais, c'est terminé..

Poussière est de retour à sa p'tite vie plate et tranquille: Yesss

13 mars 2008

Je me donne de l'oxygène!

Demain matin, je vais annoncer aux élèves que je quitte leur groupe. Je rends les armes. Je ne terminerai pas avec eux. Toutefois, je ne sais pas jusqu'à quel point je serai franche :

- je quitte parce que je vais à l'université en même temps et que je trouve que ça ne se passe pas bien ici et que je n'ai pas envie de me battre avec vous autres.

- j'ai une seule jeunesse à vivre et j'en ai assez perdu avec vous.

- je sacre mon camp parce que vous être une gang de bonobos finis. Pas plus évolués que ça en secondaire V , j'ai envie de m'ouvrir les veines quand je vous vois la face, les yeux hagards et la bouche toujours ouverte, à l'affut de la moindre faille... Toujours a picosser, à tester l'usure de mon système nerveux central : ben moé les caves, je vais préserver ma santé mentale!

Je ne sais pas jusqu'où ira mon honnêteté. Je ne sais pas non plus, s'ils vont faire la fête! Et ça m'indifférerait tellement

Je sais que j'ai pris la bonne décision. La preuve?

- ma danse de la joie après l'avoir dit au directeur!
- mon absence de culpabilité
- les confettis qui s'éclatent dans mon esprit depuis
- les bulles de champagne qui les accompagne...
et surtout : je me fous des commentaires éventuels des collègues!!!!

Deux profs m'ont dit " tu ne dois pas être gênée de revenir faire de la suppléance dans l'école... on les connaît. " J'ai apprécié, parce que je dois admettre que je n'étais pas super à l'aise... OH ORGUEIL

Pensez ce que vous voulez, moi je vais retourner à mon mémoire.. et je vais aimer Diane comme je ne l'ai jamais aimé avant ...

J'ai peine à me souvenir c'est quoi une journée sans dire : "tais-toi, enlève tes écouteurs, tu mets les 4 pattes de ta chaise par terre, tu cesses d'être impoli(e) là, soigne ton langage...prochain avertissement tu sors... OK, tu sors. "

Je suis rendue une experte en rédaction de billets d'expulsion! (Le pire, c'est que je n'abuse pas...) On est sur le point de me décerner un doctorat honorifique dans l'écriture de billet!

Dire que le seul air bête que je vais voir : ce sera le mien... si je le désire!
Les seuls soupirs que je vais entendre : les miens! Le seul " lyrage" sera celui de Diane!!! Oh douce musique à mes oreilles que les cris de la divine diva!

Vivement ma grotte de rédaction de maîtrise.

Demain, je ferai un grand ménage ici! Oh ouiiiiiiiiii!

Je vous écris... de la main droite

Lors de la journée " tout le monde écrit un billet à la main" je ne possédais pas la technologie pour le faire. La situation étant réglée : je le fais maintenant et en chansons!


12 mars 2008

Vous avez atteri ici en googlant...

  • sex fred caillou : yabadabadou!
  • blogger rouge sang : m'en va t'tuer mon **** si tu n'laisses pas de commentaire!!!
  • fessées punition école : entendez-vous les coups de fouets vous aussi?
  • "instru la tête dans les étoiles" : ça pourrait presque passé pour de la poésie... j'suis émue!
  • "m'en va une semaine dans les iles francois perusse" : euh pour moi, la place où tu t'en vas s'appelle Pinel ou Louis-Hippolyte Lafontaine!
  • "mazsellan blog" : tu es recherché mon cher!
  • pelletage et crise cardiaque : c'est un québécois à boutte qui a cherché ça! Aucun doute!
  • parole de chanson lego fille : la drogue est plus forte de nos jours... Ahh le THC! Les progrès de la botanique, ya que ça de vrai!
  • t'es rien qu'une poussière : oui! pis toi t'es rien qu'un pas fin! De toute façon mon père est tellement plus fort que le tien!

Libération de mon opprimée scolaire dans la gougounerie la plus totale

J'ai démissionné.

Après avoir écrit mon dernier billet, je me disais : " ah que j'aimerais donc ça que la décision s'impose d'elle-même". Dans le 15 minutes suivants, j'ai eu 2 appels pour de la suppléance et un appel de mon directeur. Je lui ai annoncé au téléphone que je quittais vendredi. C'est mauvais, mais je sais qu'en personne j'aurais fini par céder.

Je dois reconnaître que l'école a été extraordinaire au plan de l'encadrement. Mais si la job bouffe ta vie, scrappe ta job puis garde ta vie!

Je n'aurais jamais pensé sauté de joie en criant " j'ai démissionné!!!!! j'ai démissionné!!!" Et encore moins appeler 3 amies proches pour leur dire!

Je vais annoncer la nouvelle a mes élèves vendredi.

Entretemps, j'ai téléphoné à l'autre école pour accepter la suppléance proposée plus tôt.

- Salut! C'est Poussière! Finalement, je vais pouvoir les faire les 3 périodes que tu m'as offertes.
- hein? *moment de confusion*
- Ben oui, j'ai démissionné à l'autre école pour cause de santé mentale.
- !!! Tu pars quand?
- Vendredi. Mais pour les périodes...
- Attends je vérifie....ben non , j't'ai pas tél. ce matin

J'allume! Je me suis trompée d'école. J'ai appelé à mon actuelle école... annonçant ainsi à la pauvre femme qu'elle devrait trouver quelqu'un pour me remplacer...

DOH!
J'vous laisse imaginer ma gêne et ma honte!

Démissionner ou pas?

J'en suis à ma 2è semaine avec mes 2 groupes. Ouf. Je sors de l'école vannée tous les soirs.... Pour vous donner une idée de mon écoeurantite aigue... hier en classe je me suis passée ce commentaire : " Take it easy ma poussière, ce soir tu touches pas à tes cours... tu feras de l'indexation pour ton mémoire ça va te relaxer" !!! (Finalement je n'ai pas indexé : j'ai pété une coche et j'ai dormi!)

Eh oui, même avec 2 petits cours dans le corps je rentre vidée, lessivée. Je vous reviendrai probablement avec des anecdotes plus tard, mais pour l'instant ma question du jour est :

Aurais-je le courage de démissionner?

Conjointement avec le directeur - qui est fantastique et intense - j'ai décidé de faire ma semaine. J'ai compté qu'il me resterait : 7 cours à subir pour les 2 dernières de mars... à condition que je prenne deux jours de congé pour aller voir DIANE à Québec.

Je n'ose pas encore avertir la secrétaire de mes congés (en passant, quand j'ai accepté l'emploi, je l'avais averti que je ne serais pas disponible tous les jours de la dernière de mars) puisque je ne sais pas si je vais rester ou pas.

Je n'ai jamais démissionné d'un travail. Ça m'angoisse vraiment.

D'un côté, je me sens très inadéquate avec ces groupes -surtout 1 en particulier- et j'ai l'impression que le dir. et les services professionnels me soutiennent - m'envoient au batte- parce qu'ils ne veulent pas chercher un autre suppléant et que si je ne suis pas la meilleure solution, je reste tout de même la meilleure option. Quoique je peux délirer aussi : j'en sais rien.

Je sais aussi que si je démissionne je vais être super gênée de retourner dans cette école pour des suppléances sur appel.

De l'autre côté, j'en ai plein le dos de m'obstiner avec des jeunes, de faire des efforts pour m'adapter alors que eux attendent que tout arrive tout cuit, de me faire dire 14 fois par cours " oui mais madame X, elle ne faisait pas ça comme vous là"... J'en ai assez qu'on use mes nerfs et ma patience!

Pourquoi est-ce que quand je vais en suppléance 1 hre, je n'ai jamais autant de char de troubles que maintenant? J'ai un groupe particulièrement difficile, et l'autre est moyen. Je ne comprends juste pas le pourquoi du free-for-all.

Je ne penserais pas faire carrière dans l'enseignement au secondaire, mais cet échec (surtout après l'encadrement offert par la direction) me ferait ch***.

AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA HHHHHHHHHHHHHH stie!

* ajout 1 hre plus tard : jai démissionné!!!! Tout en faisant le clown.. vraiment en Mickey Mouse.. je vous raconte plus tard!

9 mars 2008

Poussière vs l'hiver

Voici le récit tant attendu de ma dernière tempête!

Réveil à 8 h. Youppi, il n'est pas tard! On doit avancer l'heure. Ah fuck!
Encore enveloppée par la chaleur des draps (et surtout de mon pyj en flanelle : vive le célibat) j'ai été voir l'ampleur des dégâts...

OUF!

En dépit de toute mes stratégies de la veille, l'ennemie était coriace : j'ai ouvert la porte ... Elle était là : blanche, fière, immaculée.. la bitch... Si dense que le motif de la porte était imprimé dedans. Vraiment,

l'hiver était à ma porte!!!!



Quand le motif de la porte est imprimé dans la neige : ce n'est jamais un bon début de journée. Surtout quand tu n'as pas eu la brillante idée de t'acheter des pantalons d'hiver! Je n'avais alors qu'une seule envie : m'étendre sur l'asphalte et me laisser mourir... mais cimonac : y'en avait pu d'asphalte!!!

Découragée et avec une curieuse envie de pleurer (SPM : je le sais maintenant), j'ai appelé mes amis qui vivaient en appartement me disant qu'ils en avaient moins et pourraient peut-être devenir mes bons samaritains du jour. Émilie et Phillipe, ainsi que Val et Francis, m'ont dit: "oui, quand l'entrée aura été déneigée ici. "

J'ai dépris la pelle de la neige et j'entamai mon opération-sauvetage. Mon plan était simple et pratiquement approuvé par les forces armées :
1- me faire un couloir jusqu'à l'entrée.
2- sortir les voitures de l'allée : je les avais stationnées à la queue-leu-leu, très proches les unes des autres pour faciliter les opérations.
3- prendre la neige du "petit corridor qui conduit à l'entrée" et simplement la pousser .
4- Le déneigeur s'occupera du reste!

En une heure, j'avais atteint mon premier objectif. J'étais pleine d'espoir.. ah l'entrée, oh ma libération! Ben non! Je devais continuer de pelleter encore et toujours. J'ai décidé de prendre une petite pause, question de maudire le ciel et l'enfer et de prendre une belle distance critique du genre " tu as la santé, tes parents sont vivants, tes chats aussi même s'ils sont actuellement chez ton ex, tu es née au Québec, t'aurais pu naître en Ontario ou en Éthiopie..." J'ai pris une grande bouffée d'air frais, j'ai ouvert les yeux... et j'ai entendu :

" Hey tit fille, arrête de pelleter : j'arrive avec ma souffleuse."

Ah Normand et sa souffleuse. Normand et sa belle intensité de guerrier du froid. Normand et sa glorieuse goutte de morve au bout du nez.. Normand, je t'aiiiiiiiiime!

J'ai aidé mon valeureux sauveteur à terminer le travail. À 14hres, j'avais terminé... je rentrais donc me vautrer dans un bol, ou deux.. ok TROIS de soupe Lipton!

À 14h30, ça sonne à la porte. Je me demande c'est qui le cave qui OSE perturber ce moment d'intense volupté au cours duquel je me nourris enfin, tout en redécouvrant le concept de " chaleur!". Sur le seuil de la porte, je découvre Val et Francis, avec leur habit d'hiver , leur détermination et leur déception!

- Val : Ben là poussière.. t'as fini?
- Poussière : Je viens juste! Ben entrez, j'ai de la Lipton.
- Val et Francis : Non merci..
- Val , vraiment trop déçue: tsé j'avais amené du chocolat chaud pis toute, j'suis prête là..Atteeeends, je vais au moins te donner un tit sachet de chocolat chaud....

Je ne leur ai pas proposé de pelleter le patio: on a jasé et Valérie et moi avons abouti à la bibliothèque municipale deux fois plutôt qu'une!

Morales de cette histoire :

1- Quand tu restes au Québec, achète-toi des pantalons d'hiver!
2- Les souffleuses, c'est l'fun!

Mais surtout, c'est bon d'avoir des amis. C'est surtout bon d'avoir des amis qui nous lance un sachet de chocolat en poudre par la tête!

8 mars 2008

Ça y'est : je suis atteinte!

Comme 90% des Québécois... je suis atteinte de la psychose hivernale: je suis obsédée par la neige, le climat. Je m'intéresse à la quantité qui va tomber, à sa consistante, à la vitesse des vents lors de la chute... Bref, je vire folle!

On annonce une autre charmante tempête qui fera choir sur nos têtes un bon 30-35 cm de merde blanche, directly from heaven!

En général, je gère bien la situation, parce que je suis chez moman: je me contente donc de pelleter le petit trottoir qui mène jusqu'à la porte et un gros monsieur épais déblaie l'entrée quand il a le temps ou quand il n'est pas occupé à prendre ses clients pour des mongols-à-batterie.

Mais depuis deux semaines, je vis chez les parents d'une amie : je m'occupe de leur chien et de la maison pendant leur voyage. Alors, je suis aussi responsable de la neige. Lors du dernier déluge, j'ai bien failli y laisser 2-3 orteils, ainsi que ce qu'il me restait de santé mentale. J'ai survécu.

Mais, oh que cette fois les choses ne seront pas pareilles! Je ne me laisserai pas embourber dans le pelletage durant 1h30 comme l'autre jour! Oh que non!

Ma stratégie est celle dite "du petit train va loin" : un peu de pelletage, plus souvent. J'ai donc pelleté ce matin, et je prendrai le flambeau lorsque la tempête va se déclencher pour vrai... Mouhahaha! Je vais retourner pelleter cet après-midi aussi.. ce sera moins difficile demain... et si je suis vraiment en feu (et parions que je le serai) j'irai donner un petit coup de pelle avant de me confier aux bras de Morphée! L'ennemi ne s'apercevra même pas de son anéantissement progressif. Vite, armée canadienne, donne-moi un job de fine stratège!

Mon mandat ici se termine lundi. Il est hors de question qu'on retrouve mon cadavre sous la neige... ou mon fossile au printemps!

Je pars en guerre contre les éléments.
C'est poussière contre neige.
Les paris sont ouverts!

5 mars 2008

Pathétique pantin

J'écoute Daniel Bélanger en boucle, ainsi que " Ces mots " de Geneviève Morisette. J'ai des pulsions de chocolat. Je frôle la crise cardiaque à chaque fois que msn m'indique un nouveau email...Je me rue sur le téléphone comme si j'attendais un don d'organe...Je réponds avec ma voix la plus charmante... pour changer de ton dès que j'entends " Salut, c'est maman!"

C'est officiel : je suis amoureuse du Bozo!

L'espoir tue. L'attente aussi.
Faites vos dons!

Ou, au moins, coupez les ficelles!


Source photo : Caroline Laberge, http://www.flickr.com/photos/carophotographe/2295711615/in/photostream/

Bienvenue aux touristes!

Mon pays, ce n'est pas un pays c'est de la neige...

C'est aussi :
  • 1h30 de jeunesse de perdue à pelleter un banc de neige pendant qu'il neige encore ... bref, quelle belle impression de perte de temps
  • une rivière de morve qui coule dans ta face gelée
  • une face qui gèle, puis des cuisses, des mains, des orteils...
  • déblayer autour de 2 chars pour pouvoir les extirper de l'allée...
  • se découvrir de nouveaux muscles
  • se sentir comme le phoque en Alaska parce qu'on a envie de brailler sur sa banquiiiiise parce qu'on a pas de chum.... ni même de ballons à faire tourner sur son nez !!!
  • se faire dire par un voisin : " t'es toute cute avec ta tite pelle et ta tite tuque rose dans ton gros tas de neige" (Et le pire c'est que c'est VÉCU!!!!)
  • taire la niaiserie du voisin parce qu'il a peut-être une souffleuse!!!
  • se faire aider par le sus-mentionné voisin (pelle) et avoir envie de lui dédier un chapelet de prières.. mais comme on est pas catho, on se contente d'un grand merci avec notre plus beau sourire frigorifié.
  • se dire que les premiers colons qui sont arrivés ne devaient pas avoir de pelle eux autres facc cesse de te plaindre ma poussière, tu pourrais pelleter avec de l'écorce de bouleau. (Les effets pervers des études en histoire...qui d'autres a pensé aux 1ers colons en pelletant???? Je vais vous le dire : parsonne!)
Mais, 2 choses me réconcilient avec l'hiver...

1- Les petites promenades romantiques sous la neige (romantique elle aussi, bien sûr) dans le Vieux-Québec

2- Ce bonhomme de neige :


Comment résister à sa petite bouille folichonne?

2 mars 2008

Ah l'amitiiiiiiiié: y'a que ça de vrai!

La vie est drôlement bien faite : mes questionnements d'aujourd'hui, ont trouvé leur chemin et les réponses aussi. C'est presque à se demander s'il n'a pas trouvé mon blog.. mais au yable la théorie de la conspiration : vivons avec la réalité. J'ai reçu un courriel du gars et il a réussit à insérer " notre relation chaste " dedans!!! OK! ON VA ETRE AMIS. Pour votre gouverne, je précise tout de même que je n'ai faite aucune tentative de viol sur lui : loin de là.

Pour la gouverne de mes lecteurs masculins :

- Laissez donc faire les p'tites attentions cutes et fréquentes si vous n'avez pas l'intention de sortir avec la fille!!!

- Laissez faire les surnoms mignons aussi.


- Mettez aussi de côté les câlins.

Si vous faites ces choses-là, que je ne vous entende jamais traiter une fille d'agace.. parce que je vais vous scalper! Puis pour être bien certaine que vous me comprenez bien :


Le gars à genoux... remarquez bien comme il n'a pas l'air de tripper... C'tu clair???

un coup parti, vous ne viendrez pas dire que j'ai rien fait pour vous autres : je vous recommande d'aller faire un tour chez Clépétar pour des trucs de survie.

Perdue dans ta géographie

Le vinyle de Nathalie Simard joue tue-tête. Je me dandine gaiement en gesticulant les paroles de la chanson que j’écoute. J’ai 4 ans, un vinyle de Nathalie et je danse : le monde m’appartient. Ma mère s’installe dans l’embrasure de la porte.

- Maman regaaaarde!

Tendrement, elle me sourit et observe avec attention l’absence de sens du rythme de sa progéniture. À la fin de la chanson, je reçois les applaudissements d’usage.

- Poussière, maman doit te parler. Il y a une grande nouvelle.

- Ah… oui… quoi? Quoi? Quoi, haletais-je (oui, déjà, je me donnais à fond dans toute entreprise que ce soit de manger une glace, de colorier ou de danser)

- Maman a un bébé dans son ventre. Tu vas avoir un p’tit frère ou une p’tite sœur.

J’ai réfléchis. Longuement. Et je me souviens avoir dit clairement, avec la candeur et l’assurance de la petite enfance heureuse :

- « On va avoir un p’tit frère. Y’a pas le choix! »

- En rigolant, « Ah oui, tu sais ça toi! »

- « Ben oui. On a déjà une petite fille, on en a pas besoin d’une autre! »

Vraiment, ma mère je l’aime, mais elle n’est pas rapide rapide. C’est l’évidence même, non? J’évaluais que comme petite fille, je faisais la job en masse! Pourquoi en prendre une autre?

Patiente, ma mère m’a expliqué l’amour universel des parents, puisant des exemples dans mon entourage :

- « Jacinthe et Catherine, elles sont sœurs et leur maman les aime beaucoup toutes les deux. »

Je n’y comprenais rien. Quel était le lien entre elle et moi? Elles étaient bien gentilles, mais ce n’était pas des amies : que des voisines distanciées par quatre maison de la mienne. Un monde en soi. Non, vraiment je n’étais pas d’accord et je le fis savoir.

Pédagogue, maman se replia sur une explication concrète : à partir de mes blocs LÉGO, elle m’a expliqué que le cœur des mamans est immense, infini et qu’on peut toujours y trouver de la place. On a fait une maison en légo. C’était la mienne. On a rapidement construit une maison pour le bébé. Il y a toujours assez de LÉGO dans nos cœurs pour construire des maisons, des condos, des palais, des royaumes pour les gens qu’on aime.

Depuis, j’ai délaissé les blocs multicolores mais je continue d’architecturiser des royaumes à la dimension des gens que j’aime; je demeure fidèle à leur essence telle que je la perçois et à ce qu’ils représentent pour moi. Vous décrire en quelques mots la complexité de ces résidences oniriques m’est impossible. En esquisser le plan général est plus réaliste : une maison de fées bleue et blanche située dans une clairière pour Émilie, un loft moderne et en bordel pour mon p’tit frère (j’avais bien anticipé sur le sexe du frangin), une maison champêtre pour Valérie et son amoureux, un palais onirique pour Caro-la-reine-de-rien, une jolie maisonnette à Québec pour Marie-Pier, condo moderne et fonctionnel pour Daphné, grande maison de ville pour y loger Anick-la-hip et ses mômes à venir... Œuvres d’art, dessins d’enfant, musiques, souvenirs, sourires et délires complètent la décoration de leur domaine et demeure intime.

Quand les habitations sont choisies, je les construis sur des îles ou des continents dont moi seule détiens les secrets. La géographie du cœur n’est pas enseignée dans les écoles et c’est parfait ainsi. Au fil des saisons et de la vie, j’ai aussi appris à relocaliser des personnes ou à faire table rase sur certaines maisons, certaines relations.

Parfois, j’ai également tenté de savoir à quelle enseigne ces êtres m’avaient logée : amitié, amour…La vie s’est toujours chargée de me donner mon adresse dans leur cœur…jusqu’à ce jour où, après ma rupture avec l’ex, nous avons commencé à nous fréquenter davantage : on a niaisé, on a ri, parfois pleuré. À tes côtés, la vie est d’une simplicité et d’une fluidité…comme l’eau elle coule et reste insaisissable, mais elle est aussi tellement rafraîchissante : comment ériger ta demeure si tu me glisses des mains sans cesse?

Envolées les certitudes de mes quatre ans. Je ne danse plus sur la voix de Nathalie. Le village est fermé depuis longtemps. La vie et le temps s’assurent d’étioler une à une nos certitudes. Ces dernières deviennent alors des croyances et au mieux des valeurs, des boussoles.

Ici, maintenant, je ne peux plus pointer le nord. L’orgueil, la peur, l’amour : tous ils contribuent au chaos de ma cité. Méthodiquement, quasi scientifiquement, je tente de capter des signes, des ondes, des indices de ton intérêt ou de ton indifférence. Je pense à nos conversations, les analyse, en soumet des extraits au jugement de mes amies. Je les interroge, les presse de questions. Je nuance les interprétations, je joue sur tous les tons. Je tais ton nom. Le silence est l’ultime rempart de ma patrie. Te nommer rend mon trouble trop concret. Dans mon univers confus, le rouge sang côtoie désormais le violet. Les verts et les bleus s’y ajoutent et toutes ses couleurs se déclinent en un flou artistique qui constitue notre relation. Au compte-goutte, je laisse tomber des larmes de blanc pour éclaircir le tout : rien n’y fait. Je te vois, te parle ou te lis et tout se brouille à nouveau

Je n’ose pas te dire tout ça. Si jamais tu te poussais je perdrais tout, et l’amour, et l’amitié. Je manque de courage. C’est pourquoi j’ai écrit ce texte adolescent : pathétique, maladroit, mais libérateur.

Je sors le chien et vais traîner mes questionnements plus loin.

Dehors, je fredonnerai.